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12 Jul 2021

CNAP : 6 mois après avoir félicité l’initiative, l’ANC quitte la barque

Par lettre adressée au ministre Payadowa Boukpessi en date de ce lundi, Jean-Pierre Fabre fait une annonce. L’Alliance nationale pour le changement quitte la Concertation nationale des acteurs politiques (CNAP). Et pourtant, ce parti d’opposition fait partie de ceux qui avaient épousé la démarche et s’en était presque enorgueilli. Le parti orange ne devrait pas oublier le 19 janvier 2021.

Ce jour-là, on aurait dit que le pouvoir de Faure Gnassingbé avait changé aux yeux du représentant de l’ANC à la CNAP. Patrick Lawson, 1er vice-président dudit parti, annonçait qu’il a une volonté de part et d’autre de faire les choses autrement.

« Il y a la volonté de part et d’autre de parvenir à des solutions qui peuvent améliorer le cadre électoral dans notre pays, assainir les commissions de vie politique dans notre pays. Nous prendrons notre part avec toutes les contributions qui peuvent concourir à améliorer le climat politique et socioéconomique du pays », a déclaré M. Lawson.

Même son de cloche chez d’autres partis politiques qui sont toujours à la table de discussion, sans bruit. Par exemple, l’Union des forces de changement (UFC) parlait d’une ‘dynamique d’évolution’.

Le seul faux pas à cette occasion venait de la part du Comité d’action pour le renouveau (CAR). Des propos de son représentant, on sentait qu’il y avait quelque chose qui clochait.

« Je suis resté sur ma soif, c’est comme si je suis venu tard dans un monde plus vieux. J’ai l’impression que les problèmes que je soulève, je viens les soulever un peu trop tard et que ces problèmes ne seront pas pris en compte. C’est ce qui m’a gêné. Je retourne voir le parti et on va aviser du comportement que nous allons avoir. Il faut que les solutions que nous allons avoir soient une garantie de non répétition et que les élections reflètent les vrais résultats », avait souligné Jean Kissi.

Nul n’a été étonné quand 2 semaines plus tard, c’est-à-dire le 2 février, le parti de Me Yawovi Agboyibo annonçait la suspension de ses travaux à la CNAP.

Il faut attendre la veille de la célébration du 61ème anniversaire du Togo pour savoir ce que l’ANC pensait exactement de ce cadre de concertation.

Dans son message à la nation, le président de ce parti, Jean-Pierre Fabre a sérieusement douté des travaux de la CNAP. Il se tournait vers la jeunesse togolaise pour prendre ses responsabilités.

Mais, c’est dans une première lettre adressée le 27 mai dernier au ministre en charge de l’administration territoriale, Payadowa Boukpessi que les vraies raisons des inquiétudes de l’ANC ont été clairement lues.

Alors que plusieurs journaux annonçaient que l’ANC fulmine d’envie de sortir de la CNAP et lisaient une menace, un autre responsable du parti, en la personne du conseiller en communication, Eric Dupuy, nie que l’ANC ne proférait aucune menace.

Ce lundi, le parti apprend à l’opinion qu’il a adressé une seconde lettre au même ministre pour, dit-il, « clarifier la situation avant de poursuivre les discussions au sein de la CNAP ».

Le ministre a déféré à la demande du parti puisque le 1er juillet dernier, il a reçu ses représentants. Mais la rencontre n’a véritablement accouché que d’une souris.

« Lors de cette rencontre qui a eu lieu le 1er juillet 2021, nous avons réitéré nos préoccupations ainsi que nos propositions. Malheureusement, cette démarche n’a pas trouvé une oreille attentive de votre part », écrit M. Fabre.

Pour l’ANC, rester à la CNAP, signifie avoir un rôle d’accompagnateur et de faire-valoir, pour, dira le président, « une opération de saupoudrage ou de replâtrage du cadre électoral de notre pays ».

Doit-on dire que l’ANC comprend trop tard ce que d’autres ont compris tôt ? Chacun se fera son opinion.

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